Au jardin du temps qui passe

Hier, j’étais à la sépulture d’un proche.
Comme si l’ordinaire de la messe était plus important que la lecture de textes préparés pourtant par la famille et les amis, l’officiant, pendant la cérémonie,  mit plus de dogme que de coeur.
Les textes restèrent au fond des poches, les mots au fond des coeurs. Me revinrent alors ces mots de Georges Brassens :

Le curé allait un peu fort
De Requiem à mon avis.
Longuement penché sur le corps
Il tirait l’âme à son profit,
Comme s’il fallait un passeport
Aux poètes pour le paradis.
S’il fallait à Dieu du renfort
Pour reconnaître ses amis.

                                                                                                   L’enterrement de Paul Fort

Alors, dans la solitude du chemin du retour et le silence pourtant confortable du voyage, reviennent les grandes interrogations éternelles, quelques belles strophes d’ Alphonse de  Lamartine.
Pour nous qui passons dans le temps.

Voilà les feuilles sans sève
qui tombent sur le gazon
voilà le vent qui s’élève
et gémit dans le vallon
voilà l’errante hirondelle
qui rase du bout de l’aile
l’eau dormante des marais
voilà l’enfant des chaumières
qui glane sur les bruyères
le bois tombé des forêts

http://www.dailymotion.com/video/xth2dh_pensees-des-morts-brassens_music

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7 commentaires pour Au jardin du temps qui passe

  1. Lamartine! Bien de saison … je « remonte le col de ma veste ».

  2. snake0644 dit :

    Les derniers enterrements où je suis allé, on répandait les cendres sur le gazon (réservé) du cimetière.
    « Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m’échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
    Va dissiper la nuit. « 

  3. lancoliebleue dit :

    Nous savons tous que nous sommes de passage, mais c’est une chose qui s’oublie et qui a chaque « départ » nous percute à nouveau nous laissant avec nos pensées, nos interrogations et notre douleur. Garder le souvenir, oublier ce jour et penser à demain…

    Les mondes que tu répares
    Devant toi vont rajeunir,
    Et jamais tu ne sépares
    Le passé de l’avenir ;
    Tu vis ! et tu vis ! les âges,
    Inégaux pour tes ouvrages,
    Sont tous égaux sous ta main ;
    Et jamais ta voix ne nomme,
    Hélas ! ces trois mots de l’homme :
    Hier, aujourd’hui, demain !

  4. leodamgan dit :

    Que sont mes amis devenus
    Que j’avais de si près tenus
    Et tant aimés
    Ils ont été trop clairsemés
    Je crois le vent les a ôtés
    L’amour est morte
    Ce sont amis que vent me porte
    Et il ventait devant ma porte
    Les emporta

  5. belle maman dit :

    pour nous c’est décidé et prévu notre pauvre corps sera dans une petite boite de carton et vidé dans le Rhone près du barrage qui les conduira vers la mer et Aigues Mortes

  6. Yalla dit :

    Le temps qui passe jamais ne se rattrape….
    Gardons l’essentiel dans nos cœurs : l’Amour… Et trouvons les mots pour le dire…

  7. Vivre au jour le jour comme si nous devions mourir demain:) merci je suis de passage chez vous un peu perdue.bon week-end

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